L'ATDE
Association
Tutélaire du Département de l’Eure
Cette Association indépendante, créée à
l’initiative des Papillons Blancs de l’Eure a pour
rôle de conseiller les parents qui désirent placer
leur enfant handicapé majeur sous un des régimes
de protection prévus par la loi (tutelle complète
ou simplifiée, curatelle...)
L’ATDE est une personne morale qui peut être tuteur
- gérant de tutelle ou curateur de l’incapable majeur.
Si elle est désignée, cette Association assurera
la protection des incapables majeurs lorsqu’il n’y
a pas de parent proche pour pouvoir ou vouloir le faire.
L’ATDE peut aussi succéder pour la protection du
majeur en cas de disparition des parents ou si ces derniers estiment
qu’ils ne sont plus en mesure d’assumer la protection.
Cela doit émerger d’une volonté explicite
des parents.
Dans ce cas, il faut en informer d’une part le Juge des
Tutelles et d’autre part, l’ATDE par une lettre manifestant
nettement cette intention.
Les
différents types de protections de votre enfant
La loi du 3 Janvier 1968, portant réforme du droit des
incapables majeurs (parue au J.O du 04.01.68) est venue modifier
profondément le Code Civil en ce qui concerne la protection
des "incapables majeurs".
Il est donc important de connaître au moins dans les grandes
lignes, les mesures qui peuvent, et le plus souvent doivent être
envisagées afin de prendre les dispositions qui s'imposent
pour protéger les inadaptés mentaux contre les conséquences
des erreurs qu'ils pourraient commettre ainsi que contre l'exploitation
qui pourrait être faite de leur handicap.
Responsabilité d’un dommage causé
à autrui
Alors que le Code Pénal précise : "il n'y a
pas crime ni délit lorsque le prévenu était
en état de démence au moment de l'action" (le
trouble mental), le Code Civil indique : "celui qui a causé
un dommage à quelqu'un lorsqu'il était en état
de trouble mental, n'en est pas moins obligé à réparer
ce dommage".
Il est donc indispensable que les risques de responsabilité
civile d'un handicapé mental, aussi bien mineur que majeur,
soient couverts par une assurance. Au moment de l'établissement
du contrat, l'assureur doit être mis au courant du handicap,
sinon le contrat ne serait pas valable.
Régimes de protection
La loi prévoit 3 régimes de protection :
La Sauvegarde de Justice
C'est une mesure de protection limitée dans le temps.
Le majeur ainsi protégé conserve ses droits, mais
les actes qu'il a commis peuvent être annulés ou
réduits.
Ce régime doit être envisagé lorsqu'il y
a urgence à protéger un handicapé en attendant
que la mise sous tutelle ou sous curatelle, dont la procédure
exige un certain délai, soit réalisée.
La Tutelle
L'incapacité légale du majeur mis sous tutelle
est absolue. Sauf exception autorisée par le Juge des
Tutelles, le majeur sous tutelle ne peut accomplir les "actes
de la vie civile".
C'est son tuteur ou la personne qui en tient lieu (administrateur
légal ou administrateur spécial) qui les accomplit
pour lui.
La tutelle qui est le régime de protection le plus complet,
peut revêtir plusieurs formes, en fonction de la situation
du handicapé :
- tutelle complète avec Conseil de famille, en particulier
si les père et mère du handicapé sont décédés
et si le handicapé possède des biens importants
- tutelle exercée par un "administrateur légal
sous contrôle judiciaire" (sans conseil de famille).
Peuvent être administrateur légal le père,
la mère, un frère, une soeur, un conjoint.
- gérance de tutelle exercée par un "administrateur
spécial" lorsque l'incapable majeur possède
peu de biens.
Le choix entre ces trois variantes appartient au Juge des Tutelles
qui doit être parfaitement renseigné sur la situation.
La Curatelle
La curatelle est un régime qui se situe entre la sauvegarde
de justice et la tutelle. Elle s'applique "lorsqu'un majeur,
sans être hors d'état d'agir lui-même",
a besoin d'être conseillé et contrôlé
dans les actes de la vie civile. C'est au Juge des Tutelles,
éclairé en particulier par les certificats médicaux
qu'il a reçus, de décider si le régime
à appliquer est la tutelle ou la curatelle.
Dans la curatelle, il n'y a pas d'autre organe que le Curateur.
Le Juge des Tutelles peut énumérer les actes que
le majeur en curatelle peut effectuer seul. C'est donc un régime
de grande souplesse qui peut être adapté à
chaque cas particulier.
Remarques
sur ces régimes de protection
La tutelle et la curatelle ne sont pas limitées dans le
temps, mais si l'état mental qui a justifié le choix
entre ces 2 régimes se modifie, il est possible de passer
d'un régime à l'autre ou même de les supprimer.
Les régimes de protection prévus par la législation
ne visent que la protection des biens de l'incapable majeur.
Les droits et les devoirs du père ou du tuteur sur la
personne d'un enfant mineur (incapable ou non) ne sont pas prorogés
légalement au moment du passage à la majorité,
même si l'enfant devenu majeur est un incapable (au sens
légal du terme) mais, en pratique, le tuteur d'un majeur
s'occupera en priorité de la personne de son pupille et
son autorité en la matière sera même admise,
éventuellement avec l'appui du Juge des Tutelles s'il y
a lieu.
C'est ainsi par exemple, qu'en cas de fugue ou de disparition
d'un handicapé majeur, la police se refusera à entreprendre
des recherches à la demande des parents si ce majeur n'est
pas sous tutelle, alors qu'elle les entreprendra s'il est sous
tutelle.
Notons que dans le cas d'un mineur, "le droit individuel"
de choisir un tuteur, n'appartient qu'au dernier mourant des père
et mère.
Ce droit n'existe pas dans le cas d'un incapable majeur.
Toutefois, le Juge des Tutelles tiendra compte d'une demande
faite par un père ou une mère, tuteur de son enfant
incapable majeur pour la désignation d'un tuteur qui prendra
sa suite après son décès.
Ce souhait peut être indiqué par lettre déposée
chez un Notaire.
Formalités
de la mise sous protection
Pour obtenir la mise sous protection, une requête doit
être adressée au Juge des Tutelles. Cette requête
doit être accompagnée obligatoirement d'un certificat
médical établi par le Médecin traitant. Il
est bon d'y joindre tous les éléments qui permettront
au Juge de guider sa décision.
Un examen médical devra ensuite être fait par un
médecin choisi sur la liste dressée tous les ans
par le Procureur de la République. Les parents et le handicapé
seront ensuite convoqués par le Juge des Tutelles.
Enfin, le jour où le jugement sera rendu, le handicapé
sera convoqué devant le Juge, puis, le jugement lui sera
notifié par lettre recommandée avec accusé
de réception.
Ces deux dernières formalités seront toutefois
évitées si le médecin a précisé
dans son certificat, qu'elles auraient un caractère traumatisant
pour le handicapé.
Le délai d'ouverture d'une tutelle ou d'une curatelle
est de l'ordre de 6 mois.
A
quel moment les parents doivent-ils envisager de mettre leur enfant
handicapé sous un régime de protection ?
Cette question est de la plus haute importance et beaucoup de
parents se la posent. Doivent-ils agir de leur vivant ou bien
doivent-ils laisser à d'autres (frère, soeur, parent
plus éloigné, association tutélaire) le soin
d'intervenir après leur mort ?
C'est à chacun d'y répondre après
y avoir mûrement réfléchi. Les principaux
éléments pouvant guider cette réflexion
sont les suivants :
- Nous pouvons tous disparaître subitement, même
si nous sommes jeunes et en parfaite santé. Pouvons-nous
laisser à d'autres, le soin d'entreprendre les formalités
de mise sous protection sans avoir nous-mêmes exposé
au Juge des Tutelles, une situation que nous connaissons mieux
que quiconque ?
- Une tutelle simplifiée qui consiste à donner
au père ou à la mère "l'administration
légale" de leur enfant, revient sensiblement à
rendre à cet administrateur, les droits qu'il avait sur
son enfant mineur. De plus, dans certains cas délicats,
cet administrateur aura les conseils et l'appui du Juge des
Tutelles.
- Si le handicapé a des biens ou en aura par héritage
au décès de ses parents (aucun enfant ne peut
être déshérité) des convoitises ou
des conflits d'intérêts peuvent naître. Peut-on
laisser le handicapé sans protection, pendant le délai
nécessaire pour la mise sous protection ?
Les
formalités de mise sous protection ne risquent-elles pas
de traumatiser le handicapé même si la comparution
devant le Procureur et la notification du jugement lui sont évitées ?
Plusieurs cas doivent être envisagés :
Cas des handicapés profonds, c'est
à dire ceux qui ne sont pas en état de se rendre
compte de leur situation ni d'être traumatisés
par les formalités qui seront faites :
Dans ce cas, il apparaît que la mise sous tutelle du vivant
des parents s'impose. C'est le plus grand service qui puisse
être rendu au handicapé.
Cas des handicapés légers, c'est
à dire ceux qui ont pu prendre une certaine indépendance,
poussés en cela par leurs parents qui, avec raison, ont
cherché leur épanouissement. Ils se déplacent
seuls, souvent ils travaillent en milieu normal ; ils ont l'habitude
de faire seuls les achats et de prendre certaines décisions.
Ils ne se considèrent pas comme pouvant être "classés"
comme des handicapés. Ils risquent d'être traumatisés
par les formalités de mise sous protection. Et pourtant,
ce sont des handicapés qui risquent le plus d'être
victimes (pour leur bien ou même leur personne) de gens
peu scrupuleux.
Les parents doivent-ils prendre le risque de demander la mise
sous curatelle de leur vivant ou bien préférer
retarder le plus possible, c'est à dire jusqu'à
leur décès, une mesure traumatisante, mais bien
souvent indispensable, qui alors s'ajoutera au traumatisme provoqué
par leur disparition ? C'est à eux et à eux seuls,
qu'il appartient d'en décider.
Cas des handicapés moyens, c'est à
dire, ceux qui se trouvent dans une situation intermédiaire,
entre les deux cas précédents.
Tous les intermédiaires sont possibles, mais il faut
remarquer que les avantages d'une mise sous protection (tutelle
ou curatelle) peuvent justifier, de la part des parents, la
demande de cette mesure en trouvant une explication valable
aux yeux de leur enfant pour justifier les entrevues indispensables.
|